Qu'est-ce que le Shiatsu ?
Shi-Atsu, littéralement « pression des doigts »
Le shiatsu est une pratique manuelle japonaise dont l'histoire s'est construite progressivement au cours du XXe siècle, entre héritage de l'Anma, anatomie occidentale et principes énergétiques orientaux. Un même mot recouvre en réalité plusieurs traditions, dont l'Iokai Shiatsu de Shizuto Masunaga, la lignée transmise à l'Académie MTJ AURA.
Shi-Atsu : la pression des doigts
Le shiatsu, littéralement « pression des doigts » (shi : doigt et atsu : pression), est une pratique manuelle japonaise dont l'histoire s'est construite progressivement au cours du XXe siècle. Ses racines sont liées à l'Anma, aux pratiques manuelles japonaises et aux influences de la médecine traditionnelle chinoise.
Bien avant la naissance du shiatsu moderne, le Japon possède une tradition de massage appelée Anma (按摩). Elle utilise différentes techniques manuelles : pressions, frictions, pétrissages, vibrations et mobilisations. Son histoire est liée aux pratiques médicales chinoises, introduites puis adaptées au Japon.
Au fil des siècles, l'Anma évolue et donne naissance à différentes formes de travail corporel. Au début du XXe siècle, plusieurs praticiens commencent à développer des méthodes nouvelles, davantage centrées sur la pression et le travail des doigts : le shiatsu commence à se distinguer comme pratique à part entière.
La naissance du Shiatsu moderne
1919 : Tamai Tempaku, l'apparition du terme « Shiatsu »
Tamai Tempaku est une figure importante des premières étapes de l'histoire du shiatsu. En 1919, il publie Shiatsu Hō, ouvrage consacré à la méthode du shiatsu. Son travail participe à la formalisation de cette nouvelle pratique, à la rencontre de l'Anma traditionnel, des connaissances occidentales du corps humain et des principes issus des traditions orientales.
1925 : Tokujiro Namikoshi
Tokujiro Namikoshi (1905-2000) est considéré comme l'une des principales figures fondatrices du shiatsu moderne. Dès son enfance, il développe une sensibilité particulière au toucher et à la pression, en cherchant à soulager les douleurs de sa mère. En 1925, il ouvre une première clinique à Hokkaido et commence à structurer sa propre méthode, cherchant progressivement à différencier le shiatsu de l'Anma et à développer une pratique reposant notamment sur l'anatomie et la physiologie occidentales.
1940 : L'école Namikoshi
En 1940, Tokujiro Namikoshi fonde à Tokyo une école consacrée à l'enseignement du shiatsu, qui deviendra le Japan Shiatsu College. Son enseignement contribue fortement à structurer la pratique, à former des praticiens et à faire reconnaître le shiatsu comme une discipline spécifique au Japon. La méthode Namikoshi se caractérise notamment par :
- un travail précis des pouces, des doigts et des paumes
- une connaissance approfondie de l'anatomie
- une approche physiologique du corps
- des pressions structurées et codifiées
- une attention particulière à la posture du praticien
Une nouvelle génération : Shizuto Masunaga
C'est au sein de cette nouvelle génération d'élèves de Namikoshi que va apparaître Shizuto Masunaga (1925-1981), dont l'enseignement constitue la lignée directement transmise à l'Académie MTJ AURA.
Psychologue de formation, Masunaga devient élève puis enseignant dans l'école de Namikoshi. Tout en reconnaissant l'importance de l'anatomie et de la physiologie, il souhaite retrouver dans le shiatsu la richesse des concepts issus de la médecine traditionnelle chinoise. Il étudie notamment les textes classiques et développe progressivement sa propre conception du shiatsu, celle qui donnera naissance à l'Iokai.
Iokai Shiatsu, la voie de Shizuto Masunaga
La branche que l'école approfondit et transmet à ses élèves, du Hara aux méridiens étendus.
L'Iokai Shiatsu est le courant développé par Shizuto Masunaga (1925-1981), l'une des grandes figures de l'histoire du shiatsu moderne.
Élève puis enseignant au Japan Shiatsu College fondé par Tokujiro Namikoshi, Masunaga va progressivement développer une approche personnelle du shiatsu, nourrie par sa formation en psychologie et par l'étude des textes classiques de la médecine traditionnelle chinoise. Il fonde à Tokyo l'Iokai Shiatsu Center, où il transmet son enseignement.
Son approche repose sur une vision globale de la personne. Le praticien ne cherche pas uniquement à agir sur une douleur ou une zone particulière : il cherche à percevoir l'état général du corps à travers le Hara, les méridiens et les relations entre les différentes fonctions énergétiques.
Masunaga développe ou approfondit plusieurs notions devenues fondamentales dans son enseignement, et que l'école continue de transmettre aujourd'hui.
Le Hara
L'abdomen devient une zone essentielle d'observation et d'évaluation de l'état énergétique de la personne.
Kyo et Jitsu
Ces notions permettent de distinguer les zones de vide et de plénitude, et d'orienter le travail du praticien.
Les méridiens étendus
Masunaga développe les trajets des méridiens afin de pouvoir les travailler sur l'ensemble du corps, au-delà de leurs trajets classiques.
La qualité du contact
Le praticien utilise son poids corporel et recherche une pression stable, confortable et continue.
Cette approche est aujourd'hui largement connue en Occident sous deux appellations :
Zen Shiatsu, Shiatsu MasunagaL'Iokai constitue l'une des lignées majeures du shiatsu contemporain, et a profondément influencé son développement en Europe et dans le monde.
C'est cette même tradition (Iokai Shiatsu, Zen Shiatsu) qui constitue le socle de l'enseignement dispensé à l'Académie MTJ AURA, transmise par Thierry Buenerd, dont le maître fut Maître Kazunori Sasaki, lui-même formé par Shizuto Masunaga.
À lire : Interview de Kazunori Sasaki senseï, « Au cœur du Iokai Shiatsu »
Deux grandes orientations historiques
Pour comprendre l'évolution du shiatsu, deux grandes orientations peuvent être distinguées. Elles ne sont pas nécessairement opposées : elles témoignent surtout de deux manières différentes d'interpréter et de transmettre la pratique.
Le courant Namikoshi
Tokujiro Namikoshi → Shiatsu Namikoshi. Une approche davantage centrée sur l'anatomie, la physiologie et les mécanismes corporels, avec des pressions structurées et codifiées.
Le courant Masunaga
Tokujiro Namikoshi → Shizuto Masunaga → Iokai → Zen Shiatsu. Une approche qui réintroduit et développe les concepts de la médecine traditionnelle chinoise : méridiens, Ki, Kyo/Jitsu, Hara et vision globale du corps.
Une diffusion internationale
Après le développement des différentes écoles japonaises, le shiatsu se diffuse en dehors du Japon. Des enseignants comme Toru Namikoshi ou Ryotan Tokuda jouent un rôle important dans cette transmission, aux côtés d'autres lignées reconnues.
Nakazono Shiatsu
Développée par Masahiro Nakazono, une approche accordant une place importante au Ki, aux méridiens et à la dimension énergétique et spirituelle.
Ohashiatsu
Développée et enseignée par Wataru Ohashi, une approche mettant l'accent sur le mouvement, la posture, la respiration et l'utilisation du poids du corps.
Koho Shiatsu
Développée par Ryūhō Okuyama, une méthode japonaise construite autour du travail des points et des méridiens.
Reconnaissance et cadre de la pratique
Au-delà de son histoire, le shiatsu a été cité au niveau européen parmi les approches complémentaires dignes d'intérêt.
Le shiatsu figure parmi les huit approches complémentaires citées par la résolution A4-0075/97 du Parlement européen, votée le 29 mai 1997, en tant que « médecine non conventionnelle digne d'intérêt ».
Important. Le shiatsu ne se substitue pas à la médecine occidentale : il se présente comme un complément. Il ne dispense pas d'un avis médical, et sa pratique peut être contre-indiquée dans certaines situations.
La chronologie du Shiatsu
Héritage ancien des pratiques manuelles japonaises, nourries par la médecine traditionnelle chinoise.
Publication de « Shiatsu Hō », qui formalise le terme et la méthode du shiatsu.
Ouverture d'une première clinique à Hokkaido et développement de sa propre méthode.
Structuration de l'enseignement du shiatsu à Tokyo, future Japan Shiatsu College.
Élève puis enseignant de Namikoshi ; il étudie les textes classiques de la médecine chinoise.
Masunaga fonde à Tokyo son propre centre et développe le Hara, le Kyo/Jitsu et les méridiens étendus.
Diffusion en Occident de l'approche de Masunaga, sous les noms de Zen Shiatsu et Shiatsu Masunaga.
Le shiatsu devient progressivement une pratique internationale, portée par plusieurs générations d'enseignants japonais.
Le shiatsu est cité parmi les huit « médecines non conventionnelles dignes d'intérêt » (résolution A4-0075/97).
Namikoshi, Iokai/Masunaga, Nakazono, Ohashi, Koho et d'autres écoles coexistent, chacune avec ses particularités. L'Académie MTJ AURA transmet la lignée Iokai / Zen Shiatsu.
Une tradition toujours en évolution
Aujourd'hui, le shiatsu est pratiqué dans de nombreux pays et sous différentes formes. Chaque école possède ses particularités, mais toutes partagent un même héritage : le toucher, la pression, l'écoute du corps et la relation entre le praticien et le receveur.
Écouter le corps par le toucher et accompagner la personne dans son équilibre global.L'essence du shiatsu, de l'Anma à l'Iokai
Note. Cette page propose une synthèse pédagogique de l'histoire du shiatsu, destinée à situer la lignée Iokai / Zen Shiatsu transmise à l'Académie MTJ AURA. Comme toute tradition orale, transmise de maître à élève, certaines dates et filiations varient légèrement selon les sources.
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La formation de l'Académie MTJ AURA prolonge la voie de Shizuto Masunaga : Shiatsu des Méridiens et Médecine Traditionnelle Japonaise, sur trois ans.